LE SOI ET SON CERVEAU

 

 

« Et si l’on nous demande pourquoi, en cas de transplantation réussie du cerveau, il faudrait s’attendre à ce que la personnalité soit transplantée et l’identité personnelle du corps modifiée, nous ne pouvons guère répondre sans parler de l’esprit, du soi, et de la liaison qui est conjecturée entre le soi et le cerveau. Nous devrons dire également que l’esprit est essentiel à la personne, et prédire (prédiction testable en principe) qu’après une pareille transplantation la personne revendiquerait son identité avec le donneur du cerveau et serait capable de “ prouver” cette identité (par des moyens semblables à ceux qu’emploie Ulysse pour prouver son identité à Pénélope). »

 

Ces lignes sont extraites de ma traduction de la partie philosophique, due à Karl Popper, du livre The Self and Its Brain, la partie scientifique étant l’œuvre du biologiste John Eccles. Dans l’édition anglaise de ce livre (Routledge, 2006), le passage en question se trouve p. 118.

Ma traduction, ainsi qu’une postface intitulée « Le soi et son cerveau et l’éthique humaniste », paraîtra en 2018, aux éditions Rue d’Ulm, dans la collection « Versions françaises », dirigée par Lucie Marignac. Le volume contiendra également, sous le titre « Une discussion du problème esprit-cerveau », ma traduction d’un entretien accordé par Popper deux ans avant sa mort, en Octobre 2002. Il sera préfacé par Alain Boyer, professeur à la Sorbonne, auteur d’une Introduction à la lecture de Karl Popper.

 
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